Mairie et Foyer Rural se sont "délocalisées" courant 2018.
Ces bâtiments depuis plusieurs générations d’habitants ont marqué la vie du village. Un rappel historique semble approprié.
ÉCOLE, MAISON DU BERGER ET PORTIONS COMMUNES, UNE MÊME HISTOIRE
L'école et le Foyer Rural se font face autour de la cour d'école. Avant 1860, l'instituteur et le pâtre se partageaient le logement à l'étage de la « maison d'école ».
Au rez-de chaussée se trouvaient la salle de classe à peu près à l'endroit actuel, une pièce pour le bois de chauffage, un débarras, un local pour un petit élevage.
Le budget communal mentionnait un crédit de 20 francs pour l'entretien annuel. La,somme semble insuffisante puisque le 09 mai 1858, le Conseil Municipal porte les crédits à 82 francs. Le Maire est Mr KAUFFER.
Le voisinage de l'instituteur et du pâtre pose problème : « ... ce qui est très défectueux sous plusieurs rapports... », précise le Maire dans une lettre adressée au Préfet en 1863.
Une opportunité se présente la même année: la vente de nombreux biens de la famille INNOCENTI. (une famille de notables établie à Fouligny depuis bien longtemps)
Le Maire, Jean-Baptiste BRIDE sollicite l'autorisation d'acquérir une maison pour le pâtre et un jardin pour l'instituteur.
- Copie de la lettre : Séance extraordinaire du Conseil Municipal
Le 30 août 1863
Monsieur le Préfet,
J'ai l'honneur de vous prier de vouloir bien m'autoriser à réunir le conseil municipal en séance extraordinaire pour délibérer sur la demande d'achat d'un jardin pour l'instituteur, d'une maison pour le berger. Je ferai remarquer à Monsieur le Préfet que le pâtre habite le même logement que l'instituteur, ce qui est très défavorable sous plusieurs rapports que je ferai ressortir dans une délibération.
Veuillez m'autoriser à avoir une certaine somme pour payer les bornes qui doivent séparer les confins sur le ban de Fouligny, des chemins vicinaux et des routes.
Je suis avec respect, Monsieur le Préfet, votre très humble serviteur.
Le Maire: signé: BRIDE
En marge (Réponse) : Je vous autorise.
Metz, le 12 septembre 1863 Pour le Préfet, le conseiller de Préfet délégué signé illisible.
LA MAISON DU PÂTRE
La maison et ses dépendances (actuel Foyer Rural) appartenaient en propre à Madame INNOCENTI pour l'avoir recueillie des successsions Joseph, Barbe, Marguerite et Jeanne KNOEPFLER, suivant partage passé devant Maître DILSCHNEIDER, Notaire à Metz, le 08/03/1842.
Une maison située audit FOULIGNY ; Usoirs, aisance et dépendances, dite maison de BINTZ, jardin y attenant entre KNOEPFLER et PETRY Rémi.
Mise à prix: 16 cents francs. Le Maire mise 16 cents et 5 francs... La commune est propriétaire.
La somme est lourde à payer d'autant plus que des réparations s'avèrent nécessaires à la « maison d'école ».
- Le Conseil Municipal propose de couper les peupliers situés sur la route de Faulquemont. Pas de chance, ceux-ci n'appartiennent pas à la commune, dit le Préfet.
- Le Conseil Municipal est de nouveau réuni.
- Une imposition extraordinaire doit résoudre le problème. Les plus imposés de la Commune paieront un impôt supplémentaire. Ceux-ci n'assistent pas aux réunions, il faut chaque fois remettre les séances : (27.11.64, 22.01.65, 12.02.65..etc...) L'imposition ne peut être votée.
- On fait état d'importants travaux à la " maison d'école"; Monsieur JACQUEMIN, architecte à Metz présente un devis chiffré de 5 843 francs.
- Les fonds de l'Etat accordent un secours de 2 000 francs. Un emprunt de 4 500 francs est réalisé, remboursable en 10 ans.
- En 1868, l'acquisition n'est toujours pas payée. Madame INNOCENTI relance la Commune.
Un décret impérial du 10.08.1868 autorise le défrichement d'un bois de 4ha29 appartenant à la commune. - Le bois coupé sera affecté au paiement des immeubles.
Le Préfet, dans une lettre du 10/09/1868 fait part à la commune de l'affectation de cette surface déboisée:
- Origine des portions communales
Le sol sera converti en « portions communales », souhaite le Préfet.
Explication. Ces portions communes existent toujours. Ce sont de petites parcelles de terrain mises à la disposition des habitants qui le désirent contre un loyer modeste.
Elles sont encore actuellement cultivées en location. Elles sont situées sur le chemin du bois., proviennent de la surface défrichée, leur surface est d'environ 30 ares.
- Des évolutions pour la maison du berger
Depuis 1864, la maison du berger (ou maison du pâtre) abrite le berger et sa famille.
Au son du clairon, il éveille le village (4 heures du matin en été), rassemble les porcs et les conduit dans les touilles ou les labours selon la saison. Avec le dernier berger, Jacques NIMESKERN, décédé en 1934, cette profession disparaît.
La maison devient resserre à bois, à charbon... Après la guerre, en 1946, les sapeurs-pompiers y abritent la pompe à incendie.
- Une nouvelle affectation, connue de tous
Un vent nouveau souffle en 1978. De courageux (très courageux) bénévoles dont Charles THIL, Joseph JEANRONT, Jean-Marie WEBANCK, et d'autres personnes du village, participent aux travaux, démolition, reconstruction, aménagement intérieur ext... L'immeuble métamorphosé est tiré de l'oubli.
La maison du berger est morte, Vive le Foyer Rural !
Ce Foyer Rural qui sera remplacé en 2018 par une toute nouvelle salle des fêtes;


LA « MAISON D'ÉCOLE » DEVIENT L'ÉCOLE DU VILLAGE
- Les Travaux à la « maison d'école »
Evoqués précedemment, les travaux d'appropriation à la « maison d'école » ont bien du mal à démarrer, ils restent en suspens . Le 12/07/1870, le Préfet fait savoir que les 2 000 francs consentis sur les Fonds de l'Etat ne seront versés qu'une fois la restauration effectuée.....
Puisqu'il en est ainsi, on active...
Le 21/10/1872, le Maire de Fouligny invite le Préfet à la réception des travaux. C'en est fini des grands bouleversements... pour un temps du moins !
Après 1872, elle continue à assumer ses fonctions de bonne école rurale pour des générations d'enfants.
Ecole française, école allemande, elle subit les guerres, ouverte, fermée, mi-temps, temps plein... selon les circonstances.
- Création du SIVOM du Haut-Saint-Pierre
Le regroupement pédagogique en 1973 change la donne. Un souffle de modernité intervient sur l'école du village. Le SIVOM du Haut-Saint-Pierre répartit les élèves par niveaux dans le secteur.
Arrive 1992. Des projets de nouvelle école flottent dans l'air..... Un feu de paille......
L'école malgré les souhaits, continue à exister dans le cadre du SIVU.
2017, c'est la grande nouvelle !
Les communes de Servigny les Raville, Fouligny et Raville entreprennent la construction d'un groupe scolaire concentré, sis à Raville, qui sera fonctionnel dès la rentrée de septembre 2018.


Les renseignements évoquant le passé des bâtiments communaux avaient déjà été communiqués dans le bulletin municipal de Fouligny de 1992.
Christiane PAYOT